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Page:Arnaud - De la frequente communion, 1643.djvu/436

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de communier pour des pechez veniels, et quelquefois mesme pour moins, mais qu’il obligeoit aussi de le faire pour une faute qui ne paroissoit point mortelle, pour une simple intemperance de langue. Voulez-vous encore l’exemple d’une personne plus relevée et de plus grande autorité dans l’eglise ? Nous lisons dans la vie du grand S Gregoire, qu’il fut quelques jours à faire penitence et à s’abstenir de dire la messe, pour avoir ouy dire, qu’on avoit trouvé un pauvre mort en un village prés de Rome, craignant qu’il ne fust mort de faim ou de misere faute de l’avoir secouru. Un homme autant eslevé au dessus des autres fidelles par l’eminence de sa vertu, que par celle de sa charge, dont l’ardente charité sembloit tousjours le rendre assez disposé pour offrir à Dieu ce sacrifice d’amour, et qui pouvoit y estre d’autant plus porté, que comme pasteur universel de toute l’eglise, il sembloit estre plus obligé d’offrir continuellement cette victime adorable pour le salut et le bien de tous les fidelles sousmis à son ministere, abandonne les autels, et se retranche humblement de la celebration des mysteres, sur le simple soupçon d’avoir manqué en quelque chose à la charité du prochain : et on se laissera persuader par vostre regle, que les pechez veniels ne doivent jamais porter un homme à se separer quelque temps de