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Page:Arnaud - De la frequente communion, 1643.djvu/435

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Apres cela n’aurez vous pas quelque sujet de rougir d’avoir proposé comme une maxime de Saint Ambroise, qu’en s’abstenant de communier, on ne doit pas penser porter plus de respect et de reverence au tres-saint sacrement ? Et les lecteurs n’auront-ils pas quelque sujet de s’estonner, qu’on soit en peine aujourdhuy de justifier des actions, que les peres ont canonisées, et d’opposer à la censure et au blasme d’un nouveau directeur de consciences, l’approbation et les loüanges des anciens docteurs de l’eglise universelle ? Mais voyons agir Saint Ambroise apres l’avoir entendu parler. Nous lisons dans Sozomene, qu’un de ses diacres, nommé Geronce, s’estant vanté ridiculement d’avoir enchaisné un demon qu’il disoit luy estre apparu durant la nuit, il le separa de son ministere, et luy ordonna de demeurer dans sa maison durant quelque temps, et d’expier par la penitence l’indiscretion de ses paroles, comme les jugeans indignes d’un ministre de Jesus-Christ. C’est la seule cause et le seul motif que l’historien rapporte de cette separation, qui emportoit necessairement celle de l’eucharistie. Ainsi vous voyez, que Saint Ambroise ne parloit en cette matiere que selon l’esprit de l’eglise, puis qu’il le suivoit dans ses ordonnances, aussi bien que dans ses discours, et que non seulement il jugeoit que l’on pouvoit par reverence s’abstenir