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Page:Arnaud - De la frequente communion, 1643.djvu/431

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gloire ? Et enfin eust-il porté plus de respect à des cendres mortes, qui tirent leur principale dignité de cette semence de vie, qui leur est restée de l’attouchement de la chair immortelle et vivifiante de Jesus-Christ, selon le langage et la doctrine de tous les peres, qu’à cette chair mesme qui les rend si venerables ? Je ne sçaurois croire que cette pensée puisse entrer jamais en l’esprit d’aucun homme de bon sens. Et certes elle se peut moins concevoir de ce saint, que de personne, puis que tout le monde sçait avec quelle vehemence il parle contre ceux, qui apres l’usage du mariage, n’osans entrer dans l’eglise, communioient chez eux en particulier, et ainsi par un jugement déreglé ne se croyans pas assez purs pour entrer dans les basiliques des martyrs, se persuadoient l’estre assez pour recevoir le roy des martyrs. Reconnoissez donc que Saint Hierosme trouvoit fort bon, que l’on s’abstinst quelquefois de communier pour des pechez veniels ; et par consequent, effacez-le du nombre des saints, afin de faire plus aisément passer vostre opinion pour l’opinion des saints. Mais faisons voir encore par d’autres exemples que cet humble respect, et cette sainte timidité se trouve dans les grandes ames, et dans les cœurs les plus magnanimes. Nous lisons du grand Theodose dans l’histoire ecclesiastique, qu’apres avoir deffait Eugene usurpateur