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Page:Arnaud - De la frequente communion, 1643.djvu/429

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Et cependant si on examine bien tout ce qu’il fit alors, on ne trouvera qu’un exercice continuel de charité, et une tranquillité d’esprit merveilleuse, qui ne conserve pas seulement la paix en soy, mais qui tasche encore de la rendre à ceux qui la veulent violer. Mais parce que la seule veuë du trouble des autres, avoit pû exciter quelque petit nuage dans son esprit, il creut que cela seul suffisoit pour le faire justement retirer de l’autel où il alloit monter, et pour priver tout ce grand peuple de la joye et du fruict qu’il recevoit d’estre nourri de la main de son pasteur. Certes cela nous monstre bien clairement, quelle injure on feroit à ce grand saint de croire que parlant de l’extréme pureté qu’il est besoin d’apporter à la participation de ce mystere, il ait parlé avec exageration, et se soit servy des hyperboles des orateurs, puis qu’en s’en retirant par reverence pour des causes tres-legeres, il luy a porté le mesme respect qu’il a tasché d’imprimer dans le cœur des autres, et qu’on ne sçauroit accuser ses discours d’une chaleur imprudente, et d’excez irreguliers sans condamner son action, comme l’effect d’un scrupule superstitieux, et reprocher au plus genereux et au plus ferme de tous les evesques d’Orient une humilité basse et indiscrette. Que si vous l’osez faire, eslevez encore vostre