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Page:Arnaud - De la frequente communion, 1643.djvu/317

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avoient besoin, pour se purifier de leurs pechez, comme dit Gennadius, et que la conversation, et le commerce qu’ils avoient avec eux, leur rendist la vie penitente plus agreable, qu’elle ne leur paroissoit dans les personnes, et dans les maisons des parfaits solitaires, tels qu’estoient les religieux des siecles precedens, la solitude effrayant d’ordinaire les pecheurs, et les seculiers.

Mais comme la corruption des mœurs croistra tousjours dans l’eglise, selon l’evangile, à mesure que la naissance du soleil de justice s’éloignera de nous par le cours des siecles ; de mesme que le froid s’augmente dans la nature, à mesure que le soleil s’éloigne par le cours des mois : cette corruption s’est acreüe dans ces derniers temps, et apres avoir esté la mere de tant d’heresies, qui toutes ont rejetté les exercices laborieux de la penitence, aussi bien que la confession des pechez, et ont obligé l’eglise à les soustenir selon la doctrine de tous les peres : elle a encore reduit les theologiens catholiques à les deffendre seulement dans leurs escrits, et les predicateurs à les prescher dans les chaires ; sans pouvoir dans l’application des regles surmonter, que tres-rarement, le torrent du siecle, et l’enchantement de l’amour du monde, qui est la source de tous les vices, et l’ennemy de la penitence. Et Dieu n’a pas manqué en ce mesme temps, de susciter