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Page:Arnaud - De la frequente communion, 1643.djvu/236

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Que ſi elle eſt en vn eſtat comme moyen & temperé de ces deux, elle doit auẞi marcher entre ces deux extremitez ; ſe retirant quelquefois du corps du Fils de Dieu, pour apprendre à s’en aprocher auec plus de reuerance ; & s’en approchant auẞi quelquefois pour eſtre embrasſee d’amour parce que la reuerance & l’amour ſont eſgallement deüs à vn hoſte ſi ſainct & ſi aimable : Et lors ayant reconneu ſi elle s’auance dauantage dans la pieté, où en s’en retirant, où en s’en approchant, qu’elle choiſiſſe la voye qui luy eſt la plus vtile, parce que l’homme reconnoiſt cela que par l’experience qu’il en fait : Et il conclud en ſuitte, que tout ce que l’on peut alleguer de l’Antiquité pour porter les ames à receuoir fort ſouuent l’Euchariſtie, ſuppoſe touſiours, que l’on y apporte la preparation, qui luy eſt deuë, laquelle, dit-il, ne ſe trouue ordinairement qu’en un tres petit nombre de perſonnes.

Ce ſeul paſſage pourroit ſeruir de reſponſe toute entiere à tout voſtre eſcrit, puis qu’il renuerſe en ce peu de mots toutes vos fauſſes maximes. Car vous propoſez generallement à toutes ſortes de perſonnes, quelques foibles & imparfaictes qu’elles ſoient, afin de ne dire pis, l’exemple des premiers Fidelles pour les porter à Communier ſouuent : Et ce Sainct ſouſtient au contraire, que cet exemple ne doit eſtre imité, que de ceux, qui imitent la ferueur & la ſaincteté de ces premiers Chreſtiens, & qui comme eux ſe conſeruent inuiolablement dans la renaiſſance diuine, & dans la plenitude