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INTRODUCTION




La Scolastique, c’est-à-dire la philosophie d’Aristote telle que se l’était faite le moyen-âge, fut, dès le quinzième siècle, l’objet d’attaques assez vives, mais au fond peu dangereuses. Ce dont il s’agissait avant tout pour les beaux esprits du temps, pour ces Grecs chassés par la conquête, c’était d’enseigner leur langue et leur littérature, d’en répandre le goût parmi les Occidentaux. Ils traduisaient, ils commentaient Aristote ou Platon, ils se passionnaient dans cette étude ; et l’interprète de Platon se croyait tenu, pour louer dignement son modèle, d’établir la prééminence de Platon sur Aristote. Les choses n’allaient pas beaucoup plus loin. L’Académie platonicienne de Florence suivit à peu près les mêmes errements ; d’ailleurs elle se montra peu exclusive : à Florence, comme jadis à Alexandrie, on admirait à la fois Aristote et Platon.

Durant la première moitié du seizième siècle, le débat grandit et prit un caractère sérieux ; bientôt la Scolastique put commencer à craindre pour son existence. L’esprit de liberté et d’examen pénétrait partout, et s’essayait à remuer, à changer le monde.