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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/77

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SECOND DEMI-CHŒUR.

Que ce soit là pour lui un premier malheur ; puis, qu’il lui arrive une autre aventure nocturne ! Que revenant fiévreux chez lui des manœuvres de cavalerie, il rencontre Orestès ivre, qui lui casse la tête, pris d’un accès de fureur, et que, voulant ramasser une pierre, durant la nuit, il saisisse à pleine main un étron encore tout chaud ; qu’il lance ce genre de pierre, manque son coup, et frappe Kratinos !





UN SERVITEUR DE LAMAKHOS.

Serviteurs de la maison de Lamakhos, vite de l’eau ! Faites chauffer de l’eau dans une petite marmite, préparez des linges, du cérat, de la laine grasse et des tampons de charpie pour la cheville. Notre maître s’est blessé à un pieu, en sautant un fossé ; il s’est déboîté et luxé la cheville, s’est brisé la tête contre une pierre et a fait jaillir la Gorgôn hors du bouclier. La grande plume du hâbleur gisant au milieu des pierres, il a fait retentir ce chant terrible : « Ô astre radieux, je te vois aujourd’hui pour la dernière fois ; la lumière m’abandonne ; c’est fait de moi ! » À ces mots, il tombe dans un bourbier, se relève, rencontre des fuyards, poursuit les brigands et les presse de sa lance. Mais le voici lui-même. Ouvre la porte.


LAMAKHOS.

Oh ! là, là ! Oh ! là, là ! Horribles souffrances, je suis glacé. Malheureux, je suis perdu ; une lance ennemie m’a frappé ! Mais ce qu’il y aurait pour moi de plus cruel, c’est que Dikæopolis me vît blessé, et me rît au nez de mes infortunes.