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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/413

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TRYGÆOS.

Dis-moi, mon garçon, chantes-tu cela pour ton père ?


LE FILS DE KLÉONYMOS.

« J’ai sauvé ma vie ! »


TRYGÆOS.

Et tu as couvert de honte tes parents. Mais entrons. Car je sais bien que ce que tu viens de chanter sur le bouclier, tu ne l’oublieras jamais, étant le fils d’un tel père. Vous qui restez au festin, vous n’avez rien à faire qu’à avaler tout cela, à dévorer, à ne pas mâcher à creux. Allez-y vaillamment et jouez des deux mâchoires. Il ne sert de rien, mauvaises gens, d’avoir des dents blanches, si elles ne fonctionnent pas.


LE CHŒUR.

Nous y veillerons ; tu fais bien de nous parler ainsi. Mais vous, affamés de vieille date, jetez-vous sur ce civet. Il n’arrive pas tous les jours de tomber sur des gâteaux errants dans l’abandon. Grugez donc, ou je vous dis que bientôt vous vous en repentirez.

Il faut prononcer des paroles de bon augure, amener ici la mariée, apporter des torches, et engager tout le peuple à se réjouir. Il faut maintenant que chacun remporte aux champs tous ces ustensiles, organise des danses, fasse des libations, chasse Hyperbolos, et prie les dieux de donner la richesse aux Hellènes, de nous accorder à tous d’amples récoltes d’orge, puis beaucoup de vin, des desserts de figues ; de rendre nos femmes fécondes, de nous faire recouvrer intégralement tous les biens que nous avons perdus et de proscrire le fer étincelant.