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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/388

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TRYGÆOS.

Qui donc ?


L’ESCLAVE.

Qui ? Ariphradès : il demande instamment que tu la lui conduises.


TRYGÆOS.

Non, mon cher, il fondra sur elle et en pompera le suc. Allons, toi, dépose tout cet attirail par terre. — Conseil, Prytanes, vous voyez Théoria. Considérez quels biens je vous apporte et je vous livre. Vous pouvez tout de suite lui lever les deux jambes en l’air et consommer le sacrifice. Voyez comme cette cuisine est belle, et c’est pour cela qu’elle est toute noircie : avant la guerre, le Conseil avait là ses casseroles. En la possédant, nous pourrons, dès demain, entrer brillamment en lice, lutter par terre, marcher à quatre pattes, la jeter sur le côté, nous tenir à genoux, tête baissée, puis, frottés d’huile, comme au pankration, frapper en jeune homme, fouiller et agir tout ensemble du poing et du pénis. Le troisième jour, après cela, vous ferez l’hippodromie, cavalier serrant de près un cavalier, attelages renversés les uns sur les autres, essoufflés, haletants, se donnant de mutuelles secousses ; d’autres, épuisés par les courbes, tombant de leurs chars. Mais, ô Prytanes, recevez Théoria. Tu vois avec quel empressement ce Prytane l’a reçue. Tu ne ferais pas ainsi s’il s’agissait d’une introduction gratuite ; mais je te verrais alléguer une transaction rétribuée.


LE CHŒUR.

Certes, on est un homme utile à tous ses concitoyens, quand on est tel que toi.