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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/307

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nourrir deux voleurs. Je ne puis pourtant pas, moi, aboyer le ventre vide : aussi dorénavant je n’aboierai plus.


PHILOKLÉÔN.

Oh ! oh ! que de scélératesses il nous a dénoncées ! C’est la friponnerie faite homme. N’est-ce pas ton avis, mon coq ? Par Zeus ! il dit que oui. Le thesmothète, où est-il ? Ohé ! Donne-moi le pot.


BDÉLYKLÉÔN.

Prends-le toi-même. Je suis en train d’appeler les témoins. Paraissez, témoins à la charge de Labès, plat, pilon, racloire à fromage, fourneau, marmite et autres ustensiles brûlés ! Mais pisses-tu encore ? Ne sièges-tu plus ?


PHILOKLÉÔN.

C’est lui, je crois, qui va faire sous lui aujourd’hui.


BDÉLYKLÉÔN.

Ne cesseras-tu pas d’être dur et intraitable pour les accusés ? Tu les déchires à belles dents ! Monte à la tribune ; défends-toi. D’où vient ton silence ? Parle.


PHILOKLÉÔN.

Mais il semble qu’il n’ait rien à dire.


BDÉLYKLÉÔN.

Non pas, mais il me paraît être dans la même situation que jadis Thoukydidès accusé. Ses mâchoires furent tout à coup paralysées. Retire-toi ; c’est moi qui présenterai ta défense. Il est difficile, citoyens, de faire l’apologie d’un chien calomnié ; je parlerai cependant. C’est une bonne bête, et il chasse les loups.