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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/298

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fon. Dernièrement, il avait reçu une drakhme pour nous deux. Il va faire de la monnaie au marché des poissons, et il me remet trois écailles de mulet. Moi, je les fourre dans ma bouche, les ayant prises pour des oboles : dégoûté par l’odeur, je les crache et je le traîne en justice.


BDÉLYKLÉÔN.

Et que répliqua-t-il ?


PHILOKLÉÔN.

Eh bien, il prétendit que j’avais un estomac de coq. « Tu as été vite à digérer l’argent, » dit-il.


BDÉLYKLÉÔN.

Tu vois quel avantage cela t’offre encore.


PHILOKLÉÔN.

Et qui n’est pas mince du tout. Mais exécute ce que tu veux faire.


BDÉLYKLÉÔN.

Attends un moment. Je vais tout apporter.


PHILOKLÉÔN.

Vois la chose et comment les oracles s’accomplissent. J’avais entendu dire qu’un jour viendrait où les Athéniens jugeraient les procès dans leurs maisons et où chaque individu se bâtirait, dans son vestibule, un tout petit tribunal, comme un hèkatéion, partout devant les portes.


BDÉLYKLÉÔN.

Tiens, qu’en dis-tu ? Je t’apporte tout ce que je t’ai dit, et beaucoup plus même. Voici un pot de chambre,