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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/292

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PHILOKLÉÔN.

Ce n’est donc pas même le dixième des revenus de l’État que nous touchons pour salaire.


BDÉLYKLÉÔN.

Non, par Zeus ! Et où va donc le reste ?


PHILOKLÉÔN.

À ces gens qui disent : « Je ne trahirai jamais la populace d’Athènes, mais je combattrai toujours pour le peuple. »


BDÉLYKLÉÔN.

Et toi, mon père, tu te laisses mener par eux, charmé de leurs paroles. Ils extorquent aux villes des cinquantaines de talents, les effrayant de leurs menaces et de leurs cris : « Payez le tribut, ou je tonne et je foudroie votre ville ! » Et toi tu te contentes de grignoter les résidus de ton pouvoir. Les alliés, remarquant que le reste de la foule vit maigrement de lécher les assiettes et de mâcher à vide, t’estiment à l’égal du suffrage de Konnos, et apportent aux autres, en présent, terrines salées, vin, tapis, fromage, miel, sésame, coussins, fioles, couvertures de laine, couronnes, colliers, coupes, richesse et santé. Et toi, leur maître, pour prix de tes nombreux labeurs sur la terre et sur l’onde, il n’y en a pas un qui te donne même une tête d’ail pour tes fritures.


PHILOKLÉÔN.

Oui, par Zeus ! j’ai envoyé chercher moi-même trois gousses d’ail chez Eukharidès ; mais cette servitude où je suis, tu ne me la montres pas et tu me chagrines.