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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/291

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LE CHŒUR.

Il faut que tu ourdisses toutes sortes de trames pour échapper : car il n’est pas facile d’adoucir ma colère, quand on ne parle pas dans mon sens. C’est donc le cas pour toi de chercher une bonne meule et toute neuve, lorsque tu vas parler, afin d’écraser ma mauvaise humeur.


BDÉLYKLÉÔN.

C’est une entreprise difficile, rude et d’une trop haute portée pour des poètes de vendanger, de guérir une maladie ancienne et invétérée dans la cité. Cependant, ô mon père, descendant de Kronos…


PHILOKLÉÔN.

Arrête, et ne me donne plus le nom de père. Si tu ne me prouves pas, tout de suite, que je suis esclave, rien ne m’empêchera de te faire mourir, dût-on me priver de ma part des festins sacrés.


BDÉLYKLÉÔN.

Écoute maintenant, petit papa, et détends un peu ton visage. Et d’abord calcule, simplement, non pas avec des cailloux, mais sur tes doigts, le revenu total des tributs payés par les villes ; compte, en outre, les cotes personnelles, les nombreux centièmes, les prytanies, les mines, les droits des marchés et des ports, les taxes, les confiscations : la somme de ces revenus monte à près de deux mille talents. Compte maintenant les honoraires annuels des juges, au nombre de six mille ; car il n’y en eut jamais davantage ici : cela nous fait cent cinquante talents.