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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/284

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quelqu’un achète des orphes et ne veut pas de membrades, le marchand d’à côté, qui vend des membrades, se met à crier : « La cuisine de cet homme m’a l’air de sentir la tyrannie. » Un autre demande du poireau, pour assaisonner ces anchois ; la marchande de légumes le regarde de travers et lui dit : « Tu demandes du poireau, est-ce en vue de la tyrannie ? Penses-tu qu’Athènes doive te fournir des assaisonnements ? »


XANTHIAS.

Moi, hier, j’entre chez une fille, à l’heure de midi, et je lui propose une chevauchée ; elle se fâche et elle me demande si je veux rétablir la tyrannie d’Hippias.


BDÉLYKLÉÔN.

Ces propos leur sont agréables à entendre, et moi, parce que je veux arracher mon père à ces sorties matinales de misérable calomniateur en justice, afin de vivre une bonne vie comme Morykhos, on m’accuse d’agir en conspirateur et de songer à la tyrannie.


PHILOKLÉÔN.

Et, de par Zeus ! on a raison ; car, pour moi, je préfère au lait des poules la vie dont tu veux aujourd’hui me priver. Je n’aime ni les raies, ni les anguilles, mais je mangerais avec plaisir un tout petit procès, cuit sur le plat à l’étouffée.


BDÉLYKLÉÔN.

Par Zeus ! tu t’es habitué à te régaler de ces affaires. Mais, si tu gardes le silence pour écouter ce que je dis, tu reconnaîtras, je pense, que tu te trompes du tout au tout.