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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/277

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PHILOKLÉÔN.

Il n’y a donc rien de mieux pour moi que de ronger mon filet. Que Diktynna me pardonne pour ce filet !


LE CHŒUR.

C’est bien le fait d’un homme qui travaille à son salut. Allons ! joue de la mâchoire.


PHILOKLÉÔN.

Voilà qui est rongé ; mais ne criez pas : veillez, au contraire, à ce que Bdélykléôn ne s’aperçoive de rien.


LE CHŒUR.

Ne crains rien, mon cher, rien. S’il souffle mot, je le forcerai à se ronger le cœur et à courir la course pour sa propre vie : il verra bien qu’il ne faut pas fouler aux pieds les lois des deux Déesses. Attache donc une corde à la fenêtre, entoures-en ton corps et laisse-toi descendre, l’âme remplie de la fureur de Diopithès.


PHILOKLÉÔN.

Voyons donc ! Mais si ces deux hommes s’en aperçoivent, qu’ils essaient de me repêcher et de me remonter dans la maison, que ferez-vous ? Parlez vite !


LE CHŒUR.

Nous te porterons secours, faisant appel à tout notre cœur d’yeuse, si bien qu’il sera impossible de te renfermer. Voilà ce que nous ferons.


PHILOKLÉÔN.

J’agirai donc, confiant en vous. Mais retenez bien ceci : s’il m’arrive malheur, prenez mon corps, baignez-le de vos larmes, et enterrez-le sous la barre du tribunal.