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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/275

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urnes et y faire du mal. Ô Zeus au tonnerre retentissant, change-moi tout de suite en fumée ou en Proxénidès, ou en fils de Sellos, ce hâbleur. N’hésite pas, roi du ciel, à me faire cette grâce : prends pitié de mon malheur. Que ta foudre ardente me réduise en cendre à l’instant, et qu’ensuite ton souffle m’enlève et me jette dans une saumure bouillante, ou bien fais de moi la pierre sur laquelle on compte les suffrages.


LE CHŒUR.

Qui donc est celui qui te retient et qui ferme la porte ? Parle ; tu t’adresses à des amis.


PHILOKLÉÔN.

C’est mon fils ; ne criez pas : il est là devant, il dort ; baissez la voix.


LE CHŒUR.

Mais quelle défense, mon pauvre homme, veut-il t’imposer en agissant de la sorte ? Quel prétexte est le sien ?


PHILOKLÉÔN.

Mes amis, il ne veut pas me laisser juger ni faire du mal à personne ; il est disposé à me faire faire bonne chère, et moi, je ne veux pas.


LE CHŒUR.

Les paroles audacieuses de cet infâme Dèmologokléôn sont provoquées par ce que tu dis la vérité au sujet de la flotte. Cet homme n’aurait pas cette audace de paroles s’il ne tramait quelque conspiration. Mais c’est le moment de chercher quelque nouveau moyen qui, à l’insu de cet homme, te permette de descendre ici.