Ouvrir le menu principal

Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/273

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


curité, et y a-t-il une inflammation à la cheville du pauvre vieux ? Peut-être aussi a-t-il une tumeur à l’aine. Il était pourtant le plus âpre de nous tous et le seul inexorable. Si quelqu’un le suppliait, il baissait la tête, et : « Tu veux cuire une pierre, » disait-il. Peut-être est-ce à cause de l’homme qui nous a échappé hier par mensonges, en disant qu’il était ami d’Athènes et qu’il avait révélé le premier les affaires de Samos : la peine qu’il en a ressentie l’aura fait coucher avec la fièvre : car voilà l’homme.

Mais, mon bon, lève-toi, ne te ronge pas ainsi, ne te fâche pas : il nous arrive un homme gras, un de ceux qui ont livré la Thrakè : tu vas le condamner à mort.

Avance, enfant, avance.





L’ENFANT.

Voudrais-tu bien me donner, mon père, ce que je vais te demander ?


LE CHŒUR.

Sans doute, mon enfant. Mais dis-moi ce que tu veux que je t’achète de beau. Je pense que tu aimes sans doute les osselets, mon enfant.


L’ENFANT.

Non, par Zeus ! J’aime mieux les figues, petit père ; c’est plus doux.


LE CHŒUR.

Eh bien, non, par Zeus ! dussiez-vous aller vous pendre !


L’ENFANT.

Alors, par Zeus ! je ne vous conduirai plus.