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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/270

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n’y a pas moyen qu’il nous échappe furtivement, pourquoi ne dormirions-nous pas un tantinet ?


BDÉLYKLÉÔN.

Mais, malheureux, dans un instant vont arriver les autres juges ses collègues, pour appeler mon père !


XANTHIAS.

Que dis-tu ? Le jour se lève à peine.


BDÉLYKLÉÔN.

Par Zeus ! ils se sont levés tard aujourd’hui. C’est toujours vers le milieu de la nuit qu’ils viennent le chercher, apportant des lanternes, et fredonnant les chants antiques des Sidoniennes de Phrynikhos, qui leur servent à l’appeler.


XANTHIAS.

Eh bien, s’il le faut, nous nous mettrons à leur lancer des pierres.


BDÉLYKLÉÔN.

Mais, malheureux, cette engeance de vieux, quand on la met en colère, devient semblable à un essaim de guêpes ! En effet, ils ont, au bas des reins, un dard des plus aigus, dont ils piquent ; ils bondissent en criant, et ils le lancent comme des étincelles.


XANTHIAS.

Ne t’inquiète pas ! Que j’aie des pierres, et je disperserai cette guêpière de juges…