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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/256

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LES GUÊPES


(L’AN 423 AVANT J.-C.)


Cette pièce est une satire contre la corporation des juges, et la manie des procès, qui avait été singulièrement développée par une loi de Périclès, étendue par Cléon, et attribuant trois oboles à chaque juge. Philocléon (qui aime Cléon) est un vieux juge maniaque, ne rêvant que tribunaux et jugements. Son fils Bdélycléon (qui déteste Cléon) le tient enfermé et le fait surveiller par deux esclaves. Pendant que ses gardiens sont de faction à la porte, Philocléon essaie de s’évader par la fenêtre. Bientôt les juges, ses confrères, travestis en guêpes, — d’où le titre de la pièce, — défilent avec des lanternes pour se rendre au tribunal avant le jour. Ils veulent arracher Philocléon aux mains de ses geôliers. Après une longue conversation, Bdélycléon décide son père à rester chez lui pour y faire le procès du chien Labès qui a mangé un fromage de Sicile. À la fin de la pièce nous voyons Philocléon, conseillé par son fils, abjurer son rigorisme, devenir libertin, tapageur, aussi entêté dans ses désordres que dans sa manie de juger.