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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/241

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STREPSIADÈS.

Tu me fais l’effet d’avoir la cervelle troublée.


AMYNIAS.

Par Hermès ! je te fais assigner, si tu ne me rends pas l’argent.


STREPSIADÈS.

Dis-moi, crois-tu que Zeus pleuve toujours et continûment de l’eau nouvelle, ou bien le soleil repompe-t-il la même eau de dessus la terre ?


AMYNIAS.

Je ne sais pas laquelle des deux, et je n’en ai cure.


STREPSIADÈS.

Et comment est-il juste que tu me demandes de l’argent, toi qui ne sais pas un mot des choses météorologiques ?


AMYNIAS.

Si tu es à court, paie-moi au moins l’intérêt de l’argent.


STREPSIADÈS.

L’intérêt ! Qu’est-ce que c’est que cette bête-là ?


AMYNIAS.

Qu’est-ce autre chose, sinon que mois par mois, jour par jour, de plus en plus l’argent augmente, à mesure que le temps s’écoule ?


STREPSIADÈS.

Bien dit. Et puis après ? Crois-tu que la mer soit beaucoup plus grande maintenant qu’autrefois ?