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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/235

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STREPSIADÈS.

Pourquoi donc a-t-il ajouté la vieille ?


PHIDIPPIDÈS.

Afin, pauvre homme, que les débiteurs assignés eussent d’abord un jour pour arranger l’affaire de gré à gré ; sinon, pour qu’on redoublât les poursuites le matin même de la nouvelle lune.


STREPSIADÈS.

Pourquoi alors les magistrats ne reçoivent-ils pas les consignations le premier jour du mois, mais le jour de la vieille et nouvelle lune ?


PHIDIPPIDÈS.

Ils me paraissent agir en cela comme les gourmets : afin de profiter le plus tôt possible des sommes déposées, ils avancent la dégustation d’un jour.


STREPSIADÈS.

Eh bien, pauvres sots, pourquoi restez-vous là stupidement pour notre profit à nous les sages ? Vraies bornes, d’ailleurs, nombre, moutons, cruches amoncelées au hasard ! Aussi faut-il qu’en mon honneur et en l’honneur de mon fils, notre bonne chance me fasse entonner un chant d’éloges : « Heureux Strepsiadès, qui es toi-même sage, et qui élèves un pareil fils ! » Voilà ce que diront mes amis et mes concitoyens, jaloux de ta parole et de tes victoires dans les procès ! Mais je veux d’abord te faire entrer pour prendre un bon repas.