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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/227

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LE JUSTE.

Oui, voilà, voilà bien les raisons que les jeunes gens ont, chaque jour, à la bouche pour remplir les bains et vider les palestres !


L’INJUSTE.

Tu blâmes ensuite l’habitude de l’Agora ; moi, je l’approuve. Si c’était un mal, jamais Homèros n’aurait fait un harangueur de Nestôr et des autres sages. De là je passe à l’usage de la langue : il dit que les jeunes gent ne doivent pas l’exercer, moi je prétends le contraire ; il dit qu’il faut user de modestie : voilà deux principes détestables. Où as-tu jamais vu que la modestie fût un bien réel ? Parle, convaincs-moi.


LE JUSTE.

À nombre de gens. C’est ainsi que Pèleus reçut une épée.


L’INJUSTE.

Une épée ? Il y fit un joli profit, le malheureux ! Hyperbolos, au moyen de ses lampes, n’a-t-il pas gagné des milliers de talents avec sa méchanceté et non, par Zeus ! avec son épée ?


LE JUSTE.

Et cependant Pèleus, en raison de sa modestie, a épousé Thétis.


L’INJUSTE.

Qui ne tarda pas à le quitter et à disparaître ; car il n’était pas un libidineux, un homme à passer toute une nuit agréable entre deux couvertures : une femme, au