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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/226

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car ton rival a eu du succès. Tu as besoin, ce me semble, de vigoureux arguments pour le surpasser et pour ne pas être un objet de risée.


L’INJUSTE.

Enfin ! Il y a longtemps que la bile m’étouffe et que je brûle de renverser tous ces arguments par les miens. Moi, je m’entends appeler le Raisonnement inférieur par ces métaphysiciens, parce que, le premier, j’ai imaginé de contredire les lois et le droit. Mais n’est-ce pas une valeur de dix mille statères, que de prendre en main la cause la plus faible et de la gagner ? Or, vois comment je ruine l’éducation dans laquelle il met sa confiance. Il dit d’abord qu’il ne te permettra pas de prendre des bains chauds. Mais quelle raison as-tu de blâmer les bains chauds ?


LE JUSTE.

Parce qu’ils sont très mauvais et qu’ils amollissent l’homme.


L’INJUSTE.

Arrête ! Je te tiens tout de suite à bras-le-corps, et tu ne peux échapper. Parle. Dis-moi quel est des fils de Zeus le héros à l’âme, selon toi, le plus haut placée, et qui accomplit le plus de travaux ?


LE JUSTE.

Je pense qu’il n’y a pas d’homme supérieur à Hèraklès.


L’INJUSTE.

Eh bien ! Où as-tu jamais vu des bains froids portant le nom de Hèraklès ? Et cependant qui a été plus courageux ?