Ouvrir le menu principal

Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/197

Cette page a été validée par deux contributeurs.


de son bâton son interlocuteur, pour dissimuler ses grossières plaisanteries ; elle n’entre pas une torche à la main, en criant : « Iou ! Iou ! » mais elle s’avance confiante en elle-même et en ses vers. Pour moi, qui suis un poète de ce caractère, je ne porte pas la tête haute, et je ne cherche pas à vous tromper, en vous servant deux ou trois fois le même sujet : je vous apporte des pièces nouvelles de mon invention, qui ne se ressemblent point entre elles et qui sont toutes ingénieuses. Au moment de toute sa grandeur j’ai frappé Kléôn en plein ventre, mais je n’ai pas eu l’audace de le fouler aux pieds abattu. Eux, une fois que Hyperbolos a donné prise sur lui, ils ne cessent d’écraser ce malheureux, ainsi que sa mère. Eupolis le premier traîna sur la scène son Marikas ; c’étaient nos Chevaliers mal retournés par une main mauvaise, avec l’addition d’une vieille ivre, qui dansait le kordax, invention surannée de Phrynikhos, et une baleine l’avalait. À son tour, Hermippas a joué Hyperbolos, et maintenant tous les autres se ruent sur Hyperbolos et m’empruntent la comparaison des anguilles. Que ceux qui rient avec eux se déplaisent à mes œuvres. Mais si vous vous amusez avec moi et avec mes pièces, on dira dans les âges à venir que vous avez bon goût.

C’est le souverain des dieux, Zeus, plein de grandeur et de toute-puissance, que j’invoque d’abord pour ce Chœur, et puis le maître magnanime du trident, remueur farouche de la Terre et de la plaine salée ; et toi, notre père au grand nom, Æther vénérable, qui entretiens la vie universelle ; et toi, Conducteur de coursiers, dont les rayons éblouissants embrassent l’espace terrestre, divinité grande parmi les dieux et parmi les mortels.

Très sages spectateurs, ici prêtez-nous attention. Mal-