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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/167

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lorsque nous arriva ce fils qui est là, nous nous disputâmes, moi et mon excellente femme, au sujet du nom qu’il porterait. Elle voulait qu’il y eût du cheval dans son nom : « Xanthippos, Khærippos, Kallippidès ». Enfin, au bout de quelque temps, nous fîmes un arrangement, et nous le nommâmes « Phidippidès ». Elle, embrassant son fils, le caressait : « Quand tu seras grand, tu conduiras un char à travers la ville, comme Mégaklès, et vêtu d’une belle robe. » Moi, je disais : « Quand donc feras-tu descendre tes chèvres du mont Phelleus, comme ton père, vêtu d’une peau de bique ? » Mais il n’écoutait pas mes discours, et sa passion pour le cheval a coulé mon avoir. Maintenant, durant cette nuit, à force d’y songer, j’ai trouvé un expédient merveilleux qui, si je puis le convaincre, sera pour moi le salut. Mais je veux d’abord l’éveiller. Seulement, comment l’éveiller le plus doucement possible ? Comment ?… Phidippidès, mon petit Phidippidès !


PHIDIPPIDÈS.

Quoi, mon père ?


STREPSIADÈS.

Un baiser, et donne-moi la main.


PHIDIPPIDÈS.

Voici. Qu’y a-t-il ?


STREPSIADÈS.

Dis-moi, m’aimes-tu ?


PHIDIPPIDÈS.

J’en jure par Poséidôn, dieu des chevaux !