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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/145

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LE CHŒUR.

Ô Dèmos, tu as une belle souveraineté ; tous les hommes te craignent comme un tyran ; mais tu es facile à mener par les petits soins, et tu te plais à être dupe, la bouche toujours béante devant celui qui parle, et alors ta présence d’esprit déménage.


DÈMOS.

C’est vous qui n’avez pas d’esprit sous vos chevelures, quand vous me croyez en démence. Je joue à dessein le rôle de niais. J’aime à boire tout le jour, et à prendre pour chef un voleur que je nourris ; puis, quand il est bien plein, je le saisis et je l’écrase.


LE CHŒUR.

Tu as raison d’agir ainsi, s’il est vrai que tu as, comme tu le dis, cette prudence excessive de conduite ; si tu les engraisses exprès dans la Pnyx comme des victimes publiques, et qu’ensuite, quand il t’arrive de manquer de vivres, tu prends le plus gros d’entre eux, tu l’immoles et tu le manges !


DÈMOS.

Voyez quelle est mon adresse à les circonvenir, quand ils se croient assez fins pour m’attraper. Je les observe attentivement, sans paraître rien voir, pendant qu’ils volent ; puis, quand ils m’ont volé, je les contrains à rendre gorge, en insinuant une sonde.





KLÉÔN.

Va-t’en à la malheure !