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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/131

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pour toi cette paire de chaussures, et je te la donne à porter.


DÈMOS.

Je juge que de tous ceux que je connais tu es le meilleur citoyen à l’égard du peuple, le plus bienveillant pour la ville et pour nos orteils.


KLÉÔN.

N’est-il pas dur de voir qu’une paire de souliers ait le pouvoir d’enlever le souvenir de tous mes services ? C’est moi qui ai mis fin à certains accouplements, en biffant Gryttos.


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

N’est-il donc pas étrange que tu inspectes les derrières, et que tu mettes fin à ces accouplements ? Peut-être aussi ne les faisais-tu cesser que par envie, de peur que ces gens-là ne devinssent orateurs. Mais, voyant ce pauvre vieillard sans tunique, tu ne l’as jamais jugé digne d’une robe à manches pour l’hiver ; et moi, Dèmos, je te donne celle-ci.


DÈMOS.

Voilà une chose à laquelle Thémistoklès n’a jamais songé ! Cependant, c’est une belle invention que le Pirée ; mais pourtant, elle ne semble pas plus grande que celle de cette robe à manches.


KLÉÔN.

Malheureux que je suis, par quelles singeries tu me supplantes !