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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/122

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LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

Moi aussi, je t’y traînerai, et je te dénoncerai encore plus fort.


KLÉÔN.

Mais, misérable, il ne te croit pas ; et moi je m’en ris autant que je le veux.


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

Tu te figures donc que Dèmos est absolument à toi ?


KLÉÔN.

C’est que je sais de quoi il faut le régaler.


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

Tu fais comme les nourrices, tu le nourris mal : mâchant les morceaux, tu lui en mets un peu dans la bouche, et tu en dévores les trois quarts.


KLÉÔN.

Par Zeus ! je puis, grâce à mon adresse, dilater ou resserrer Dèmos.


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

Mon derrière en fait autant.


KLÉÔN.

Ne crois pas, mon bon, te jouer de moi comme dans le Conseil. Allons devant Dèmos !


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

Rien n’empêche. Voyons, marche : que rien ne nous arrête.