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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/117

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on refuse de combattre. Pour nous, nous sommes résolus à défendre gratuitement et avec courage la patrie et les dieux nationaux, et nous ne demanderons que cela seul : si la paix arrive et le terme de nos fatigues, qu’on ne nous refuse pas de laisser croître notre chevelure et de nous brosser la peau avec la strigile.

Ô protectrice de la cité, Pallas, toi, la très sainte, déesse d’un pays puissant par la guerre et par le génie de ses poètes, viens et amène avec toi notre compagne dans les expéditions et dans les batailles, la Victoire, amie de nos Chœurs, et qui lutte dans nos rangs contre les ennemis. Parais donc ici en ce jour ! Il faut, par tous les moyens, procurer à ces hommes la victoire, et plus que jamais aujourd’hui. Ce que nous devons à nos coursiers, nous voulons en faire l’éloge : ils sont dignes de nos louanges : dans beaucoup d’affaires, ils nous ont secondés, incursions et combats. Mais n’admirons pas trop ce qu’ils ont fait sur terre. Disons comme ils se sont bravement lancés sur les barques de transport, munis de tasses militaires, d’ail et d’oignon ; saisissant ensuite les rames comme nous autres mortels, se courbant et s’écriant : « Hippapai ! qui prendra l’aviron ? Plus d’ardeur ! Que faisons-nous ? Ne rameras-tu pas, Samphoras ? » Ils firent une descente à Korinthos : là, les plus jeunes se creusèrent des lits avec leurs sabots et allèrent chercher des couvertures : ils mangèrent des pagures au lieu de l’herbe de Médie, soit à leur sortie de l’eau, soit en les poursuivant au fond de la mer. Aussi Théoros fait-il dire à un crabe de Korinthos : « Il est cruel, ô Poséidôn, que je ne puisse, ni au fond de l’abîme, ni sur terre, ni sur mer, échapper aux Chevaliers ! »