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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/110

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LE CHŒUR.

Ô masse de chair astucieuse, quelle prévoyante sagesse ! Comme le mangeur d’orties, tu faisais ta main, avant le retour des hirondelles.


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

Et en agissant ainsi, j’échappais aux regards : ou, si quelqu’un me voyait, je cachais la viande entre mes fesses, et je niais au nom des dieux. Aussi un orateur important me voyant agir ainsi : « Un jour, dit-il, cet enfant-là gouvernera le peuple. »


LE CHŒUR.

Il a prédit juste, et rien de clair comme sa conjecture : tu te parjurais, tu volais et tu avais de la viande au derrière.


KLÉÔN.

Moi, je mettrai fin à ton audace, ou plutôt, je crois, à la vôtre. Je fondrai sur toi comme un vent clair et prolongé, bouleversant à la fois la terre et la mer.


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

Moi, je ferai un paquet de mes andouilles, et puis je m’abandonnerai à un courant favorable, en te souhaitant des ennuis sans fin.


DÈMOSTHÉNÈS.

Et moi, en cas de voie d’eau, je veillerai à la sentine.


KLÉÔN.

Par Dèmètèr ! ce n’est pas impunément que tu auras volé tant de talents aux Athéniens.