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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/104

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LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

Si tu ne te connaissais pas en ressemelage, moi je n’entendrais rien aux andouilles. C’est toi qui coupais obligeamment le cuir d’un mauvais bœuf, pour le vendre aux paysans, après une préparation frauduleuse, qui le faisait paraître épais. Ils ne l’avaient pas porté un jour, qu’il s’allongeait de deux palmes.


DÈMOSTHÉNÈS.

Par Zeus ! il m’a joué le même tour, si bien que je devins la risée complète de mes voisins et de mes amis : car, avant d’arriver à Pergasè, je nageais dans mes souliers.


LE CHŒUR.

N’as-tu pas, dès le début, étalé ton impudence, qui est l’unique force des orateurs ? Tu la pousses jusqu’à traire les étrangers opulents, toi le chef de l’État. Aussi, à ta vue, le fils de Hippodamos fond-il en larmes. Mais voici un autre homme, bien pire que toi, qui me ravit l’âme ; il t’élimine, il te surpasse, c’est facile à voir, en perversité, en effronterie, en tours de passe-passe. Allons, toi, qui as été élevé à l’école d’où sortent tous les grands hommes, montre donc qu’une éducation sensée ne signifie rien.


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

Alors, écoutez quel est ce citoyen-là.


KLÉÔN.

Ne me laisseras-tu point parler ?


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

Non, de par Zeus ! je suis aussi mauvais que toi.