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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/83

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Pétion reçut d’autres nouvelles d’Europe qui annonçaient que le gouvernement français se préoccupait du rétablissement de son autorité à Haïti. Il venait de provoquer l’aliénation et la distribution des biens du domaine ; le 25 juillet il adressa une circulaire aux généraux commandans d’arrondissement, où il leur prescrivit des mesures pour se préparer à là guerre  : plantation de vivres en abondance, transport des poudres, du plomb et autres matériels à l’intérieur, etc. « Vous ferez à préparer, leur dit-il, dans chaque ville et bourg, une grande quantité de torches … pour servir, en cas d’invasion des Français en force, à incendier généralement toutes les maisons de ces villes et bourgs et plaines accessibles, parce qu’il ne faut pas, s’ils viennent, qu’ils trouvent un seul ajoupa pour s’abriter de l’intempérie du temps, etc. » En terminant, il leur dit qu’il avait déjà pris ses précautions pour recevoir d’Europe des informations positives et à temps, afin de n’être pas surpris.

Effectivement, le gouvernement français avait devancé la mission de Garbage. M. le baron Malouet, ministre de la marine et des colonies, ancien colon et ordonnateur au Cap, représentant ses confrères dans ce gouvernement, agissait déjà en vue d’une « Restauration à Saint-Domingue, » comme en France. À la fin de juin, moins de trois mois après le retour des Bourbons, il expédia trois agents dans ce but : Dauxion Lavaysse, Dravermann et A. Franco de Médina. Ils allèrent s’embarquer à Falmouth (en Angleterre), sur le packet des Antilles, pour se rendre ou à Porto-Rico ou à la Jamaïque, d’où ils devaient se transporter à Haïti, chacun au lieu de leur destination : le premier, auprès de Pétion ; le second, auprès de Borgella (on le croyait encore général en chef du Sud) ;