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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/74

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Bientôt après, Goman fut réduit à se confiner dans les hautes montagnes de la Grande-Anse, avec le peu de partisans qui lui restèrent fidèles : la propriété surtout avait produit ce prodige. Elle opéra une révolution salutaire dans les idées de ces hommes égarés depuis longtemps, alors que la justice du gouvernement se faisait d’ailleurs sentir par une administration bienveillante, ferme et vigilante. Le général Bazelais ne manqua d’aucune de ces qualités ; son activité le portait sur tous les points. Pétion trouva en lui l’homme dont la Grande-Anse avait besoin, tandis qu’au Port-au-Prince, ses devoirs de chef de l’état-major général ne le mettaient pas en relief. Et quand, cinq années plus tard, le président Boyer résolut d’en finir avec cette insurrection, plus de la moitié de la tache avait été remplie par les sages mesures de son prédécesseur, exécutées avec intelligence par Bazelais[1].

Quelques jours après le départ de ce général pour Jérémie, le 25 mars, Pétion adressa un message au sénat, tendant à provoquer la loi rendue le 12 avril suivant, qui prescrivit que les bâtimens haïtiens voyageant au long cours, fussent pourvus de registres, afin de constater régulièrement leur nationalité partout où ils se rendraient. Les citoyens de la République turent autorisés en même temps à acheter des navires étrangers, qui seraient naturalisés haïtiens, pour faire ces sortes de

    soumis, Pétion lui écrivit pour l’en féliciter et rengager a bien cultiver la concession de terre qu’il obtint avec la confirmation de son grade. Honoré par ce témoignage de bienveillance du chef de l’État, César Novelet porta d’autres insurgés à se soumettre au général Bazelais. Dès le 17 juillet, le Télégraphe constatait les heureux effets des instructions de Pétion à ce général.

  1. On verra que Boyer lui-même fit cet aveu, dans les instructions qu’il donna aux généraux qui entrèrent en campagne contre les insurgés, en 1819.