Ouvrir le menu principal

Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/510

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


sont semblables au peuple haïtien, et principalement de de la Jamaïque, en autorisant les navires étrangers et nationaux à exporter de la République, des provisions alimentaires dont elles avaient alors un extrême besoin, par suite de la guerre entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, ce dernier pays ne pouvant pas y apporter ses produits de même nature.

Dans ces circonstances, un agent secret du gouvernement, impérial de France s’introduisit dans la République, pour s’enquérir de l’état des choses et des dispositions des Haïtiens envers son pays. Sa mission devenait une sorte d’avertissement pour persévérer dans la trêve observée depuis quelques mois, puisque ce gouverment avait toujours les yeux fixés sur l’ancien Saint-Domingue. Mais Pétion à qui il l’avoua, parce qu’il était assuré qu’il n’avait rien à craindre, lui fit comprendre que la résolution des Haïtiens, de rester indépendans, était irrévocable, et il repartit sain et sauf.

Toutefois, cette mission porta Pétion à donner suite à l’idée qu’il avait conçue, d’étendre les relations de la République avec l’étranger, pour mieux constater l’existence politique du pays aux yeux de la France elle-même. Dans ce dessein, il essaya de faire flotter le pavillon national dans les ports des Etats-Unis, où l’esclavage et les préjugés de couleur étant pratiqués, il semblerait devoir n’être pas admis. Mais le plein succès de cette heureuse tentative le décida à envoyer aussi des navires haïtiens à Londres, qui y furent accueillis avec autant de faveur.

La conséquence de ces procédés était en quelque sorte des mesures à prendre par le gouvernement de la République, afin de maintenir sa neutralité et de prouver la