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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/508

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RÉSUMÉ DE LA TROISIÈME ÉPOQUE


La défection d’une partie de la flotte de Christophe, à Miragoane, et celle de quelques régimens de son armée au siège du Port-au-Prince, en 1812, étaient des événemens trop graves pour qu’il ne reconnût pas la nécessité d’observer une trêve entre son Royaume et la République : il devait craindre que ces défections ne fussent d’un funeste exemple, s’il renouvelait les opérations d’une guerre active.

Quant à Pétion, au contraire, cette trêve entrait dans ses vues politiques ; car il est évident qu’il lui avait toujours répugné de porter la guerre sur le territoire ennemi, et qu’il ne l’avait fait antérieurement que pour seconder l’action des populations soulevées contre Christophe.

Dans ce nouvel état de choses, l’intérêt respectif des deux États exigeait que chacun de ces deux chefs s’occupât de leur administration intérieure, selon les principes de leur gouvernement, et encore en ne perdant jamais de vue, qu’une paix générale en Europe pourrait menacer l’indépendance nationale et l’existence même du peuple d’Haïti ; car la France ne renoncerait pas facilement à ses droits sur son ancienne colonie, puisqu’à cette époque elle en avait même sur la partie orientale de l’île qui lui fut cédée par un traité, bien que les naturels de cette possession eussent spontanément déchiré ce traité pour se replacer sous la domination de l’Espagne. La raison, une sage politique, commandaient donc à Christophe, comme à Pétion, de conserver, de ménager