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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/503

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Rien n’eût été plus juste et plus agréable au Président d’Haïti, si Christophe n’avait pas eu la cruauté de faire tuer ces hommes et ce mousse. D’après les renseignemens qui lui furent donnés à ce sujet, le secrétaire général Inginac répondit à la lettre de l’amiral Duperré pour lui dire cette pénible vérité, et le remercier d’avoir débarqué les Haïtiens à l’Anse-d’Eynaud, dont le commandant avait fait le rapport au président dans le temps.

Alors, l’amiral français adressa une nouvelle lettre au Président d’Haïti, qu’il fit porter par le capitaine Mallet, de la Cléopâtre. Il complimenta le président à propos des événemens qui venaient de réunir le Nord et l’Artibonite à la République, en lui donnant l’assurance des bonnes dispositions de la France envers elle, et que ces nouvelles y seraient bien accueillies. Le président répondit à sa lettre d’une manière analogue, et fit une réception gracieuse au capitaine Mallet. Après cet échange de bons procédés, les deux frégates continuèrent leur route à l’ouest du Cap-Haïtien.

Il faut dire aussi que le capitaine Mallet, reçu d’abord par le secrétaire général Inginac, avait eu une conversation avec lui sur les relations commerciales qu’il eût été convenable d’établir régulièrement entre les deux pays, afin de soustraire les navires français à la nécessité d’emprunter le pavillon d’autres peuples ; et en outre, il fut question entre eux de l’indemnité offerte par Pétion et repoussée jusqu’alors par le gouvernement français. Du rapport fait par cet officier et de la correspondance échangée entre l’amiral Duperré et le président, sortit la mission secrète de M. Du Petit-Thouars dont il sera parlé dans la narration des faits en 1821[1].

  1. Voyez les Mémoires de B. Inginac, pages 48 et 49.