Ouvrir le menu principal

Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/501

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


titres de propriétés de nombreux particuliers qui avaient été dépouillés de leurs biens et qui n’avaient pu les réclamer, ou de ceux qui s’étaient réfugiés dans la République, durant la guerre civile, et qui retournaient dans leurs foyers.

Le Port-de-Paix devint un port ouvert au commerce étranger, pour favoriser les habitans de la péninsule du Nord qui étaient dans la plus profonde misère : ceux qui y revinrent de la République purent profiter également de cette mesure qui récompensait le dévouement qu’ils lui avaient montré. En même temps, le président accorda une distinction particulière aux corps de cavalerie connus sous le nom de chevau-légers, qui avaient pris une grande part dans la révolution du 8 octobre, en en formant un seul régiment de carabiniers de la garde du gouvernement, ayant son cantonnement au Cap-Haïtien. Cette troupe d’élite servit bientôt après au maintien de la tranquillité publique dans le Nord.

Le 24 novembre, un arrêté du chef de l’État ordonna ce qui suit :

« Le 1er du mois de décembre prochain, à 7 heures du matin, le palmiste, emblème de la Liberté, sera planté dans chaque commune du Nord et de l’Ouest d’Haïti, qui s’est ralliée à la République, au milieu de la place d’armes, par les autorités constituées, civiles et militaires du lieu ; des salves d’artillerie annonceront ce beau jour, la garnison prendra les armes, et il sera chanté un Te Deum en actions de grâce. »

En fondant sa monarchie et sa noblesse, Henry Christophe n’avait pas seulement supprimé l’égalité entre les citoyens ou sujets de son royaume ; mais il avait détruit aussi la liberté dont ils auraient dû jouir. Il en avait bien