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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/496

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ges de sa respectueuse sympathie, en allant la voir et lui offrir toute l’assistance dont elle aurait besoin. Elle avait auprès d’elle deux filles naturelles de son mari, et d’autres jeunes personnes qu’elle avait élevées comme si elles eussent été ses enfans[1].

Ces deux familles se rendirent au Port-au-Prince à la fin de l’année, sur l’invitation du président qui voulait les voir près de lui, pour leur continuer sa haute protection et leur donner de nouvelles preuves de l’intérêt affectueux qu’il prenait au sort que les événemens politiques leur avaient fait, il ne pouvait mieux honorer la République dont il était le chef.


Dans la situation des choses, il était indispensable que le gouvernement se donnât toutes les garanties de sécurité pour le maintien de son autorité dans le Nord, comme dans l’Artibonite. En conséquence, le général Magny fut placé commandant de l’arrondissement du Cap-Haïtien : personne n’en était plus digne que lui[2]. Néanmoins, agissant dans un esprit de conciliation, Boyer laissa le général Richard en qualité de commandant de la place ; mais on verra que cet homme ambitieux démérita de la confiance que le président eut dans ses sentimens et son jugement.

Il plaça également au commandement de l’arrondissement du Fort-Liberté, le général Jacques Simon ; à celui du Trou, le général Pierre Poux ; à celui du Borgne, le

  1. Si Boyer ne fit pas donner, par l’État, une pension à la Veuve de J.-J. Dessalines, je sais qu’il lui donnait fréquemment des sommes d’argent de sa cassette particulière. Cette respectable femme était digne de sa sollicitude.
  2. Magny méritait à tous égards ce témoignage de grande distinction : aucun général n’était plus propre que lui, à faire comprendre aux troupes et aux populations du Nord, le régime de la République qu’il avait étudié durant huit années au Port-au-Prince.