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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/475

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rait sa mort à Saint-Marc : c’est pourquoi le président disait dans sa proclamation :

« La verge de fer qu’il aimait à appesantir sur vos têtes va se briser enfin dans ses mains… La vaillante 8e demi-brigade et la garnison de Saint-Marc viennent de vous donner l’exemple ; empressez-vous de le suivre, et tous les militaires qui se réuniront à la République, en rendant des services essentiels, seront récompensés convenablement. Au jour de la douleur et de l’éloignement, va succéder celui de la réunion et de la fraternité.

Habitans de l’Artibonite et du Nord ! Militaires, mes camarades d’armes ! les Haïtiens n’ont plus de combat à se livrer entre eux. Rendons-en grâces à l’Éternel. Oublions tout ce qui s’est passé : soyons toujours généreux envers les malheureux. L’armée de la République que vous voyez à Saint-Marc, dans la commune des Verrettes, aux Cahos, à Saint-Raphaël, à Vallière, n’est destinée qu’à vous protéger et à faire respecter vos demeures, vos familles et vos propriétés : elle ne touchera à rien de ce qui vous appartient ; elle achètera tout ce dont elle aura besoin. Empressez-vous, mes amis, à relever dans vos communes l’arbre sacré de la Liberté renversé par vos tyrans ; entourez-le, et livrez-vous à la joie ; mais sur toute chose, épargnez le sang de vos frères, quels que soient les reproches que vous vous croiriez fondés à leur faire. La République ne veut point de conquêtes ensanglantées ; elle n’aspire qu’à celle des cœurs. S’il est de grands coupables, laissez aux lois le soin de les punir, s’ils ne peuvent se disculper. Oublions le passé, je vous le répète, pour ne nous occuper que de l’avenir. Venez avec confiance, mes enfans, jouir du bénéfice de nos lois… »