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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/448

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se soumettre à la République, en envoyant une députation au Président d’Haïti. L’artillerie partagea cette résolution qui lui fut conseillée également par le sous-lieutenant Victor Toby, jeune frère du colonel Paulin et quartier-maître de ce corps. En conséquence, on trancha la tête de Jean Claude qui fut mise dans un sac, pour servir de preuve matérielle de la sincérité de la soumission de la garnison de Saint-Marc ; et des officiers furent expédiés au jour, le 3 octobre, pour la porter au Port-au-Prince avec une lettre signée de Constant Paul, demandant de prompts secours : ils y arrivèrent le 4 au matin. Ils firent savoir à Boyer que la garnison de Saint-Marc se composait de la 8 e, d’un bataillon d’artillerie et d’un escadron de cavalerie, en ajoutant les autres particularités qui avaient eu lieu[1].

Le président accueillit les officiers venus auprès de lui avec la bienveillance la plus empressée ; il les complimenta ainsi que les braves dont ils étaient les organes, sur la résolution patriotique qu’ils avaient prise de se réunir à la République, qui n’aspirait qu’au bonheur de tous les Haïtiens. Il leur promit d’envoyer sans délai des forces à Saint-Marc pour les soutenir, en attendant qu’il pût s’y rendre lui-même. Mais il jugea qu’il était important d’y expédier par mer, de suite, un officier général renommé pour en prendre le commandement et diriger la défense : le brave Bauvoir fixa son choix, qui ne pouvait être meilleur. Cet officier partit le 4 même, avec le colonel Malette et les chefs d’escadron Souffrant, Saladin et Backer, tous aides de camp du président, chargés de porter ses paroles à la garnison de Saint-Marc, de l’argent

  1. D’après le Télégraphe du 8 octobre, nº 36.