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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/443

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Marc depuis plusieurs années, et obéissait à Paul Romain, prince du Limbe, qui avait le commandement supérieur de tous les quartiers de l’Artibonite et qui résidait à la Petite-Rivière. Au fond, Jean Claude n’était pas un méchant homme ; mais, possédant la confiance du roi et obligé d’exécuter ses ordres sévères pour la défense de la place, il dut mettre de la rigueur dans les travaux qu’elle nécessitait : ce qui occasionna le mécontentement des troupes de la garnison habituelle, de la population de la ville, de celle des campagnes avoisinantes, hommes et femmes, appelés à y participer ; et ce mécontentement les prédisposait à une insurrection.

Dans le Nord même, les esprits en sentaient le besoin pour se débarrasser de la tyrannie qui pesait sur eux depuis si longtemps. Pour la première fois, peut-être, tous les généraux de Christophe voyaient ce tyran pâlir en prévision des éventualités de la guerre, redoutant l’avenir, n’ayant plus foi en son étoile, après avoir reconnu son impuissance à attaquer ses ennemis, dans son voyage à Saint-Marc, en 1818, où il fut cause de la mort de Toussaint Brave ; enfin, appeler à son aide un amiral anglais. De ces observations à une conspiration contre son pouvoir et sa vie, contre la dynastie qu’il avait fondée, la pente était naturelle ; car ces généraux devaient espérer qu’il y aurait possibilité d’établir un autre gouvernement à leur profit. Aussi lisons-nous, dans un ouvrage publié à Paris en 1826 :

« Dès le mois de juillet 1820, des bruits alarmans pour le maintien de la royauté dans le Nord d’Haïti avaient pénétré jusqu’en Europe : on y parlait d’une conspiration vraie ou supposée ourdie par sept des principaux dignitaires de Christophe, pour l’établisse-