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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/441

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par ses barbaries : pour avoir été lente à se prononcer, elle n’en fut pas moins exemplaire.

Le 15 août, Henry Christophe assista à la messe chantée à l’église de Limonade par un prêtre nommé Jean-de-Dieu, qui avait remplacé Corneille Brelle. Christophe était assis sur un trône ; et pendant que le prêtre prononçait son sermon, le Roi fut soudainement frappé d’apoplexie et renversé la face contre terre : il reçut immédiatement les secours du docteur Stewart, mais la moitié de son corps resta paralysée[1]. Il semble que si la Providence permit à la science médicale de le rappeler à la vie, ce ne fut que pour lui réserver l’humiliation d’assister à la chute de son autorité sanguinaire, que pour punir en lui cet orgueil excessif, cause de tous ses crimes.

Dans le chapitre suivant, le lecteur verra comment arriva ce drame si longtemps prévu, si impatiemment attendu.

  1. Le prêtre Jean-de-Dieu fut si saisi de cet événement, qu’il mourut trois jours après.