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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/422

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le dévouement de l’armée, que la tranquillité publique se consolidait par le patriotisme des citoyens, que l’agriculture et le commerce prenaient de l’accroissement, que les finances étaient restaurées, que tout souriait enfin au successeur de Pétion, et l’on se demandait si ses succès s’arrêteraient là, lorsque la politique du grand citoyen avait déjà produit des résultats si avantageux.

Le 31 janvier, le président partit pour le Sud, et se dirigea sur Jérémie[1]. Là il se convainquit, par le rapport des généraux, que l’insurrection était entièrement finie. Tous les rebelles et leurs chefs s’étaient successivement soumis aux autorités, à l’exception de Goman et de deux autres nommés Malfait et Malfou, dont on avait perdu les traces depuis plusieurs mois. Le fils de Goman, nommé Lundi, en venant se soumettre au général Francisque, lui déclara qu’il n’avait pu retrouver son père après trois mois de recherches dans les bois, dans tous les lieux où il espérait le rencontrer : il répéta cette déclaration au président, quand il fut gracié[2].

On pensa alors que Goman avait péri par suite de blessures, et voici à quelle occasion :

D’après les indications fournies par un insurgé qui s’était soumis, le général Lys avait ordonné qu’un détachement du 18e régiment fût envoyé pendant la nuit, pour surprendre Goman qui s’était réfugié sur la crête

  1. La population de cette ville se porta au-devant de Boyer, pour le complimenter et le remercier d’avoir rendu la sécurité à la Grande-Anse, par la répression de l’insurrection qui la désolait depuis si longtemps. Les dames lui présentèrent un bouquet emblématique : il contenait des pensées, en souvenir des bienfaits répandus sur leurs familles ; l’immortelle, comme un sourire de la postérité qui s’en souviendrait ; 4 tours, pour figurer la force d’âme nécessaire aux grandes entreprises ; un drapeau national, représentant la patrie reconnaissante. — Abeille haïtienne.
  2. Abeille haïtienne. Cet acte de clémence a été le sujet d’un tableau historique par un peintre du pays.