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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/417

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de la loi y relative. Mais cet utile établissement ne put jamais prendre racine durant l’administration de Boyer, qui ne voulait pas faire les dépenses qu’il nécessitait, ni le laisser exploiter par une entreprise particulière.

En attendant qu’une loi parût sur l’instruction publique, la commission nommée pour en exercer la surveillance publia un règlement pour le lycée national du Port-au-Prince, qui donnait déjà des résultats satisfaisans, sous la direction de D. Laprée assisté de plusieurs professeurs[1]. Le 16 décembre, les élèves subirent un examen public, en présence du Président d’Haïti, des magistrats et fonctionnaires de l’État, des familles de ces enfans. Ce fut un jour de fête pour ces derniers et pour tous les assistans, par l’espoir que donnait cet examen, des progrès successifs de l’instruction dans le pays : les jeunes lauréats furent couronnés au bruit des applaudissemens et au son de la musique militaire de la garde du gouvernement.

Dans la même année, J. Granville avait fondé au Port-au-Prince une excellente école pour les jeunes garçons, où il admettait des pensionnaires et des externes : il possédait à un haut degré le talent de l’enseignement, étant d’ailleurs fort instruit. Ses sœurs, Mesdames Charpentier et Méresse, Mesdames Courtois, Durand-Rouanez, etc., dirigeaient aussi de bons établissemens où l’instruction et l’éducation des jeunes filles étaient soignées avec une sollicitude digne d’éloges.

Peu de jours après l’examen du lycée national, un avis du secrétaire général ïnginac informait le public, que le président allait faire venir, à ses frais, un portrait en pied

  1. Cette commission, à cette époque, etait présidée par Inginac : ses autres membres étaient Frémont, Colombel, Granville, Rouanez et Desrivières Chanlatte.