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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/412

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sein : considération qu’il est utile de ne pas méconnaître, à raison des jalousies, des luttes antérieures entre les diverses parties du pays.

Peut-être aurons-nous d’autres occasions de revenir sur ces remarques : en attendant, disons que tout en restreignant les attributions du Secrétaire d’État et du Grand Juge, le président n’oublia point de diminuer aussi leurs traitemens et ceux du Secrétaire général. Au lieu de 6,000 gourdes, le Secrétaire d’État n’en reçut plus que 4,000 par an ; au lieu de 4,000 gourdes, le Grand Juge et le Secrétaire général ne durent en recevoir que 3,000 par an.

Par une autre loi, celle de 1812 sur l’hôtel des monnaies fut amendée, en réduisant également les appointemens du directeur, de 2,000 gourdes à 1,200, et ceux des membres de la commission de surveillance, de 1,200 gourdes à 600, annuellement. Et cet hôtel ne tarda pas à chômer, et par conséquent ces fonctionnaires à n’être plus payés, à raison de la situation prospère du trésor qui permettait de se passer de fabrication[1]. Mais comme on n’avait pas émis assez de monnaie à l’effigie du Président d’Haïti, pour retirer de la circulation celle à serpent, cette dernière continua d’être dans le commerce[2].

Après la loi annuelle sur les patentes, une autre fut publiée concernant « les animaux qui ravagent les champs cultivés et ceux que l’on fait voyager dans l’intérieur du pays. » Cette dernière avait pour but de

  1. Dès la publication de cette loi, le directeur Piny prit congé de l’hôtel des monnaies et se retira aux Cayes. Depuis longtemps il savait qu’il n’agréait pas au président.
  2. Il y avait alors en circulation cette monnaie à serpent, des pièces à l’effigie de Pétion et d’autres à celle de Boyer, et toute la monnaie nationale était presque au pair avec celle d’Espagne : on en donnait 17 gourdes pour un doublon en or, mais le trésor payait les services publics sans établir aucune différence.