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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/402

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tant du quartier-général respectif des trois généraux agissans : ces marches et contre-marches pour s’approvisionner de salaisons auraient fatigué les militaires, sans utilité pour la répression de l’insurrection.

Le général Borgella conçut alors l’idée de proposer au Président d’Haïti, une modification au plan de la campagne, en ordonnant à lui et ses deux collègues de se porter avec leurs troupes, moins des postes laissés dans le bas du terrain, sur les hautes montagnes avoisinant la Hotte, le Macaya et les Mamelles, pour y pourchasser les insurgés, et Goman surtout qui avait son principal établissement, un gros village qu’il appelait le Grand-Doco, à environ 15 lieues de Jérémie, et qui était entouré de plantations immenses de vivres[1]. Il communiqua son idée aux généraux Bazelais, Lys et Francisque, afin qu’ils concourussent avec lui à faire cette proposition au chef de l’État : ce qu’ils agréèrent. Ils proposèrent cette mesure vers le 1er mars.

Le président y ayant consenti, le 26 du même mois il leur ordonna de se mettre en mouvement, après s’être de nouveau concertés entre eux, sous la présidence du général Bazelais[2]. À cette fin, ce dernier convoqua les autres généraux dans une réunion au fort Marfranc, et delà, sur sa propriété de l’ancienne habitation Breteuil : elle eut lieu dans la première quinzaine d’avril, et ils décidèrent de se mettre en marche aux premiers jours de mai,

  1. Borgella avait une connaissance particulière des lieux, pour y avoir agi contre Goman en 1802, alors qu’il commandait aux Abricots. En entrant en campagne, il avait fait une marche à pied avec sa division pour étudier le terrain où elle devait remplir sa lâche. C’est après avoir parcouru les montagnes de l’Anse-d’Eynaud et des Irois qu’il eut cette idée.
  2. J’ai également entre les mains la lettre de Boyer à Lys, du 26 mars, par laquelle il modifia le plan de campagne, tout en maintenant les autres parties de ses premières instructions.