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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/39

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autre qui ne devait être encore qu’un expédient. C’est toujours fâcheux quand une administration se livre à de telles mesures : elle ne peut guère s’arrêter dans cette voie.

Le sénat rendit la loi du 7 novembre qui établit un hôtel pour y fabriquer une monnaie nationale, que l’on appela bientôt monnaie à serpent, parce qu’elle avait d’un côté un serpent, comme emblème de la prudence. Elle était en rapport avec la piastre d’Espagne, et divisée comme elle en parties décimales. Cet hôtel fut placé sous la haute autorité du gouvernement, comme de droit, d’une commission de surveillance composée de quatre membres, les citoyens Pierre Michel, Laborde, Lespérance et Lieutaud, et d’un directeur, le citoyen Piny, orfèvre réputé que le président fit venir des Cayes où il s’était établi depuis quelque temps. Les règles de la comptabilité et de la fabrication furent placées sous le contrôle immédiat de l’administrateur général des finances, qui devait concourir avec le Président d’Haïti à prendre les précautions nécessaires à un pareil établissement.

Le 2 décembre, le sénat fît un acte dont la convenance fut hautement approuvée dans le public. Il décida que le général Lys continuerait ses fonctions sénatoriales, attendu qu’il avait été nommé pour les exercer durant neuf années, de même que ses cinq collègues composant ce corps à cette époque. Depuis la soumission du Sud, Mode était revenu à Jacmel ; et nommé pour six ans ainsi que Pélage Varein, le terme de leurs fonctions arrivait dans ce même mois de décembre. Comme ces deux sénateurs avaient été fort exaltés dans leur opposition à Pétion, il est présumable que le