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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/387

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Cette disposition était devenue une nécessité sociale, dans la situation où se trouvait déjà la République. On en avait senti le besoin sous le gouvernement de Dessalines, — en 1808 en organisant l’ordre judiciaire, — et lorsqu’en 1816, Pétion autorisa les tribunaux à appliquer le code Napoléon : déjà, en 1812, Christophe avait donné un code civil à son royaume.

Parmi les membres de cette commission, on voit figurer Bonnet avec son titre de général. Bien qu’il ne fût pas encore réactivé dans l’armée, il n’est personne qui ne le qualifiât ainsi depuis son retour dans le pays, puisqu’on effet il n’aurait pu perdre ce titre que par un jugement légal. Pétion lui-même le lui donnait dans la conversation, et plus d’une fois Bonnet fut consulté, assure-t-on, dans les affaires de l’État. Depuis assez longtemps, il s’était réconcilié avec Boyer ; et l’on doit considérer, à l’honneur des sentimens de ce dernier, qu’en le désignant comme président de la commission, c’était un acheminement vers sa réintégration dans son rang militaire. En effet, le 1er janvier 1819, il figura parmi les autres généraux réunis autour du Président d’Haïti.

Celui-ci, après sa tournée dans l’arrondissement de Jaemel, se décida à en faire une autre dans tout le département du Sud. Il convenait qu’il allât se présenter aux populations pour en connaître les besoins, et étudier sur les lieux les moyens à prendre pour mettre fin à l’insurrection de la Grande-Anse, déjà frappée d’impuissance, ainsi que nous l’avons dit. Parti de la capitale le 15 octobre, le président se dirigea aux Cayes où il fut accueilli, comme dans l’arrondissement d’Aquin, avec des témoignages de respect et une bienveillance empressée ; il en fut ainsi dans tout le département. Possédant lui-même