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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/385

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minée en signe de la joie générale. Le 30 août, il était de retour à la capitale.

Quelques jours auparavant, à 5 heures de l’après-midi du 25, la foudre tomba sur la salle d’artifice de la citadelle Henry ; cette salle sauta, et l’explosion occasionna des dégâts considérables dans ce monument de l’orgueil. Une partie du trésor royal fut emportée, et les pièces d’or et d’argent éparpillées dans le voisinage : le prince Noël, frère de la reine et duc du Port-de-Paix, périt dans cet événement avec quelques autres militaires[1]. En l’apprenant, Christophe se rendit à la citadelle avec sa maison militaire pour veiller aux premiers travaux ; il ordonna que tout y fût réparé dans le plus bref délai ; et il enjoignit aux populations circonvoisines de rechercher partout les pièces d’or et d’argent, et de les lui rapporter sous peine de mort. En peu de jours, des sommes considérables furent remises au trésor ; car aucun individu n’aurait eu la tentation de s’approprier une seule de ces pièces de monnaie.

Déjà, dans le mois de juin, un arrêté du Président d’Haïti avait déterminé les formalités à remplir par ceux qui voulaient obtenir des concessions de terrains à cultiver, ou l’échange de leurs titres sur de nouvelles propriétés, parce que ces titres avaient été délivrés sous Pétion, sans due connaissance de la quantité de terre disponible sur chaque habitation rurale ; il en était résulté une grande confusion et des litiges entre les concessionnaires. Les arpenteurs, chargés de mesurer les concessions, avaient empiré cet état de choses, par leur négligence ou des opérations erronées ; un autre

  1. On voit la tombe de ce prince dans la citadelle.